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J e l’ai fait. Un matin, je suis rentr√© dans le bureau de mon directeur. Calmement, je me suis assis face √† lui dans ce fauteuil en simili cuir et j’ai tent√© de lui expliquer. J’ai expliqu√© que je n’√©tais pas √† ma place dans son entreprise et que j’√©tais en train de passer √† c√īt√© de ma vie. Qu’il √©tait temps pour moi de partir vers de nouveaux horizons. Mon directeur a accus√© le coup. Il m’a laiss√© parler sans moufter. J’ai ajout√© que je voulais partir √† la conqu√™te de mes r√™ves…

En 2015, la femme avec qui j’√©tais en couple depuis 9 ans m’a dit qu’elle voulait qu’on se s√©pare. Que je ne la rendais plus heureuse. Qu’il √©tait temps pour nous de prendre des chemins diff√©rents. Nous avions un petit gar√ßon qui n’avait pas encore deux ans. Je me suis bris√© comme un bibelot moche en porcelaine, le genre de vieille babiole qu’on retrouve en d√©co chez tes grands-parents, tu vois. J’ai pris une claque incroyable, le genre de claque qui laisse une trace rouge sur les joues pendant plusieurs jours. Le genre de claque qui te fait tournoyer dans ton slip. Je pense que t’as pig√© le principe.

C’√©tait la veille de mon premier jour en CDI. J’√©tais au ch√īmage depuis deux ans. J’avais tent√©, sans r√©elle motivation, de percer √† nouveau en tant que com√©dien. J’avais repris le chemin de la sc√®ne mais j’√©tais terroris√©. J’avais autant peur du succ√®s que de l’√©chec. Alors, j’avais d√©cid√© de rentrer encore une fois dans le rang. J’avais accept√© un job de commercial dans le mobilier urbain. J’√©tais en d√©pression, je m’alimentais mal et je n’avais pas une thune de c√īt√©. L√†, en l’espace de quelques secondes, je venais aussi de perdre mon couple. Le fond √©tait touch√© !

J’ai pass√© une premi√®re semaine difficile. Je d√©marrais un nouveau boulot, et d’un point de vue √©motionnel, je respirais autant la stabilit√© qu’un unijambiste aveugle qui voudrait se lancer dans le m√©tier d‚Äô√©quilibriste. La nature √©tant taquine, mes dents de sagesse s’√©taient r√©veill√©es au m√™me moment et me d√©glinguaient litt√©ralement les gencives de douleur. Je n’arrivais pas √† manger. En dehors d’une compote entre midi et deux, j’avais le ventre trop nou√© pour avaler quoi que ce soit. Je dormais mal, bref, j’√©tais une joyeuse petite lavette pleine de larmes et de n√©gativit√©. 8 mois plus tard, je me retrouvais, l‚ÄôŇďil vif et confiant, face √† mon patron √† qui je venais d’expliquer que je partais √† la conqu√™te de mes r√™ves. Il y avait de quoi rigoler…

Apr√®s la s√©paration, j’ai v√©cu ce que certains appellent un « d√©clic «. Ce qui est rigolo quand on y r√©fl√©chit, puisqu’il s’agit du nom de l’entreprise dans laquelle je me trouvais… Il para√ģt que rien n’est l√† par hasard. Pour expliquer plus en d√©tail ce que j’entends par d√©clic, disons que j’ai eu l’impression de me r√©veiller. Je dormais. J’√©tais en pilotage automatique depuis toujours. Je r√©agissais √† chaque nouvelle situation avec des r√©flexes conditionn√©s. Un jour, je me suis senti plus conscient. J’ai compris que toutes les situations que je vivais jusqu’√† pr√©sent n’√©taient que des cons√©quences logiques de mon comportement. Je me plaignais d’√™tre la petite victime mis√©rable d’un destin capricieux. J’ai compris que je me trompais. Que j’√©tais le seul responsable de tout ce bordel. J’ai pig√© qu’il √©tait stupide de se plaindre des r√©coltes que je pouvais faire alors m√™me que j’√©tais celui qui avait sem√© les mauvaises graines. J’ai enfin compris que j’√©tais vraiment le seul ma√ģtre √† bord, que je n’avais qu’une vie et que mon attitude m’avait conduite dans un mur.

Il n’y avait aucun Dieu √† bl√Ęmer. Je pouvais cracher mon venin autant que je le voulais pour ce qui m’arrivait. J’ai d√©cid√© d’emprunter une autre voie. Ma prise de conscience progressive m’a permis de voir cette √©preuve comme une le√ßon. Il y avait quelque chose √† retenir de tout ce qui m’arrivait. Il y avait un sens √† donner √† ce ch√Ęteau de cartes qui venait de s’√©crouler sous mes yeux. Du sens justement, c’est ce qu’il manquait cruellement √† ma vie.

J’ai alors d√©cid√© d’entreprendre une qu√™te. Un peu comme Santiago dans l’Alchimiste de Paulo Coelho. J’insiste bien, ma prise de conscience a √©t√© lente et progressive. Il y a eu le « d√©clic » mais c’est, encore aujourd’hui, √† l’heure √† laquelle j’√©cris ces lignes, un long chemin. J’ai juste d√©cid√© de me remettre √† apprendre, √† grandir et √† explorer. Je suis redevenu curieux du monde qui m’entoure. J’ai envie de faire des exp√©riences, j’ai envie de donner du sens √† ma vie. J’ai aussi envie de me rendre utile.

J’√©tais extr√™mement centr√© sur moi-m√™me. Je le suis toujours, mais un peu moins. J’ai compris qu’il me faudrait travailler pour m’am√©liorer. Mais, j’ai surtout compris que j’en √©tais capable, que rien n’√©tait fig√©. J’avais, jusqu’√† pr√©sent, pens√© que les cartes √©taient distribu√©es. Moi, j’avais tir√© un certain jeu et je devrai composer avec pour le reste de ma vie. J’avais pioch√© l’√©go√Įsme, la facult√© √† prendre de l’embonpoint, le manque de discipline, une tendance √† chercher des histoires inutiles dans mes relations. Je laissais mon ego mener la barque. Je pensais que j’√©tais mon ego. Que j’√©tais ces voix dans ma t√™te qui me soufflaient les r√©actions √† avoir. Alors, comme je pensais √™tre ces voix, j’agissais comme elles me poussaient √† le faire. Et je souffrais…

J’ai pris l’engagement avec moi-m√™me, d’essayer de devenir, jour apr√®s jour, la meilleure version de moi-m√™me. Cet engagement s’est un peu fait par hasard, il faut bien que je l’avoue. Juste apr√®s la s√©paration, mon ego se tenait pantelant sur les ruines chaudes de mon √©chec amoureux. Il √©tait ivre de col√®re. Au fond de moi, je savais qu’exprimer cette col√®re n’√©tait pas la bonne solution. Alors, je me suis mis √† fr√©quenter la salle de sport o√Ļ j’√©tais inscrit depuis un an de mani√®re fr√©n√©tique. Jusqu’√† pr√©sent, je n’y allais pas. Tous les mois, les 29‚ā¨99 pr√©lev√©s sur mon compte me rappelaient que j’√©tais incapable d’atteindre un objectif, que le corps que j’avais ne me plaisait pas et pire, qu’il me faisait souffrir. J’ai d√©cid√©, sans trop vraiment y r√©fl√©chir, d’aller vider toute cette haine, tout ce poison sur le tapis de course. Tous les jours, je me suis born√© √† aller m’√©puiser. Je courais jusqu’√† ne plus tenir debout. Ensuite, j’allais soulever quelques poids sans trop de conviction. Je faisais des abdominaux, je me disais que ce n’√©tait pas inutile. Je n’y connaissais rien en musculation.

Mon je√Ľne d’une semaine m’avait fait perdre pas loin de sept kilos. Un matin, je me suis regard√© torse nu dans la glace et je ne me suis pas reconnu. J’avais fondu. Je n’avais pas encore un corps satisfaisant selon les crit√®res collectifs mais, j’√©tais fier de moi. J’avais litt√©ralement s√©ch√©. Il ne restait presque plus rien de mes √©pais bourrelets… J’√©tais en train de r√©aliser l’un de mes objectifs les plus anciens, presque par hasard. J’avais toujours voulu avoir un corps qui me rende heureux. Toutes mes tentatives avaient toujours √©t√© vaines, j’avais tent√© des r√©gimes comme tout le monde. J’avais fini par √©chouer et reprendre mes mauvaises habitudes, comme presque tout le monde. Et l√†, j’avais r√©ussi √† remodeler ma silhouette. J’avais toujours pens√© que j’en √©tais incapable. Pourtant, je l’avais fait.

Simultan√©ment, je me suis mis √† nourrir un app√©tit f√©roce pour le d√©veloppement personnel. Au d√©part, c’√©tait exclusivement sur le th√®me de la s√©duction car je voulais r√©cup√©rer mon ex. Mon ego √©tait tellement vex√©, qu’il lui fallait laver cet affront. Il me fallait apprendre des moyens de la r√©cup√©rer. Plus maladroit qu’un girafon sur des rollers, toutes mes tentatives √©chouaient. Le temps est pass√© mais mon app√©tit est rest√© intact. Je me suis mis √† lire sur le succ√®s, la productivit√©, sur la communication, sur l’√©coute, sur entrepreneuriat, sur la discipline, sur la programmation neuro-linguistique et sur la musculation.

Je me suis fix√© des nouveaux objectifs. Et j’ai commenc√© √† travailler pour les atteindre. J’avais r√©ussi √† me sculpter un corps satisfaisant en r√©p√©tant, jour apr√®s jour, des bonnes habitudes. J’ai pris un virage important en modifiant totalement mon alimentation. Je me suis mis √† adopter une di√®te de sportif. J’avais r√©alis√© que jusqu’√† pr√©sent, j’avais trait√© mon corps sans le respecter. J’√©tais une poubelle. Je me souviens tr√®s bien de ce √† quoi je ressemblais lorsque j’√©tais en couple. Le midi, il m’arrivait r√©guli√®rement de m’enfiler des tenders de poulet de chez KFC et des frites noy√©es sous du ketchup. Je regardais des s√©ries TV en buvant du pepsi. J’√©tais en jogging. Je me sentais minable et terriblement m√©diocre.

Toutes mes lectures coupl√©es √† ma prise de conscience m’ont permis d’ouvrir petit √† petit les yeux sur les conditionnements que j’entretenais et sur les fausses croyances qui remplissaient mon esprit. Lorsque l’on croit quelque chose, elle devient vraie. C’est aussi simple que cela. Si vous pensez √™tre timide, vous agissez comme quelqu’un de timide. Moi, je n’√©tais pas disciplin√©. J’√©tais tellement atteint de procrastination qu’il m’arrivait m√™me de procrastiner devant « The Walking Dead «. Je mettais l’√©pisode en pause et je passais en revue tous les r√©seaux sociaux sur lesquels j’√©tais inscrit sur mon iPhone. De mani√®re compulsive. J’actualisais. Je remontais mon fil Facebook, Twitter. Puis j’allais sur Instagram et Vine. Puis, je recommen√ßais. J’√©tais un zombie plus effrayant que ceux de la s√©rie. Et je ne m’en rendais pas vraiment compte…

Aujourd’hui, c’est une nouvelle aventure qui d√©marre pour moi. Ma vie a pris un virage. Et sachez que je me tiens √† votre disposition pour vous aider si jamais vous en avez besoin. Rebondir n’est pas une chose ais√©e. Se r√©veiller non plus. Mais, si je peux me rendre utile d’une mani√®re ou d’une autre, n’h√©sitez pas √† laisser un commentaire ou √† m’adresser un mail sur mon adresse personnelle. tony.servera@gmail.com

L’avenir est flou. Et c’est tant mieux, je me concentre sur le moment pr√©sent. Cet √©t√©, je pars deux mois au Canada. C’est un vieux r√™ve de petit gar√ßon. J’ai vendu ma TV pour m’acheter un sac √† dos. Je suis en train de vendre, jour apr√®s jour, chacune de mes possessions mat√©rielles. J’√©tais tr√®s mat√©rialiste et j’√©tais le roi de l’achat compulsif. Encore une fois, je manquais d’auto-discipline. Bient√īt, la vente de ma maison sera d√©finitive. Je ne reprends pas d’appartement. Je vais essayer de faire confiance √† la vie. Et de me faire confiance. J’ai, je crois et en toute modestie, des choses √† faire sur cette terre. Des choses que je suis le seul √† pouvoir faire. Alors je vais les faire pour ne pas mourir √©touff√© par les regrets. J’aimerai juste que mes mots puissent vous aider √† en faire de m√™me. A reconsid√©rer votre propre existence. Je crois que c’est la seule chose que nous devons en retour √† la vie, ce pr√©cieux cadeau qui est entre nos mains. Pour combien de temps. On l’ignore. Mais le temps lui, ne nous attend pas. Et vous, avez-vous arr√™t√© de croire en vos r√™ves ?

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